Le Bavolet-Flotant




L'aventure commence avec celle du renouveau du Baroque. Ostracisés, les baroqueux de tous poils se retrouvent indistinctement : pionniers redécouvreurs, interprètes chercheurs désireux de réhabiliter ce vaste répertoire, futures stars qui brulent aujourd'hui les planches partout dans le monde et amateurs passionnés autant qu'éclairés. C'est dans ce vivier fabuleux et plein de promesses, à l'aura désormais légendaire, qu'est fondé l'ensemble Le Bavolet Flotant, nourri d'amitié, d'envie de faire de la musique ensemble et du désir de partager et leur plaisir et leur passion.
Deux flutistes (armés d'un arsenal conséquent et varié d'instruments), un claveciniste et un gambiste composent la cellule primitive de l'ensemble qui n'en reste pas moins souple dans les formations adoptées. L'écriture baroque laissant énormément de liberté dans la distribution instrumentale, ils explorent ensemble un très vaste répertoire, qui va du prébaroque italien aux prémisses du romantisme allemand, et font ainsi voyager leurs publics d'un bout à l'autre de l'Europe baroque. A l'occasion, un ou plusieurs amis chanteurs vient se joindre à la troupe, leur ouvrant les vastes horizons de la musique vocale, sacrée ou profane, cantates, motets, airs et odes, en plus de la musique purement instrumental, comme c'est le cas aujourd'hui.
A l'instar des tous les autres ensembles qui apparaissent à cette époque-là, nos amis se choisissent un nom dans le gigantesque glossaire des noms et titres baroques. Pour eux, ce sera Le Bavolet Flotant (avec un seul t), en référence à une pièce de clavecin du neuvième ordre du Livre II de F. Couperin. Le charme léger de cette coiffure de paysanne et de ses rubans voletant dans la brise printanière est pour eux une belle métaphore de leur plaisir musicale, mais la référence à Couperin ne saurait mieux traduire la conscience qu'ils mettent à travailler leur programme, sans se targuer d'une prétention professionnelle qui leur siérait bien peu. Ensemble, loin de tout dilettantisme, ces musiciens donnent au terme amateur ses lettres de noblesse.